L’Inde a annoncé vouloir multiplier par 3 sa capacité de production d’électricité nucléaire d’ici 2032. Pour cela, le pays compte mettre en service, d’ici là, un réacteur nucléaire chaque année.
En 2017, l’Inde a décidé de lancer la construction de 10 réacteurs nucléaires de 700 mégawatts (MW). Seulement 4 ans plus tard, début 2021, le premier réacteur à eau lourde sous pression (PHWR) de fabrication locale était connecté au réseau électrique du pays à la centrale de Kakrapar. Quelques péripéties et 18 mois plus tard, il commençait à produire de l’électricité commerciale. Et il y a quelques semaines, un autre réacteur a atteint son niveau critique. Une unité supplémentaire doit être mise en service en 2024. Autant de preuves que l’Inde compte bien sur l’énergie nucléaire pour faire baisser ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) tout en continuant de répondre à la demande en électricité toujours croissante dans le pays.
Tripler la capacité de production nucléaire de l’Inde
Le gouvernement indien l’a d’ailleurs annoncé au cœur de l’été dernier. L’objectif est de faire monter la capacité de production nucléaire du pays de 7 480 MW actuellement à 22 480 MW d’ici 2031. L’idée est même d’atteindre les 50 000 MW installés en 2040. Pour y arriver, la Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL) projette de mettre en service un réacteur nucléaire par an. Pour la plupart, des PHWR de 700 mégawatts électriques (MWe) comme le pays sait désormais en produire. Pas moins de 9 réacteurs de ce type sont en cours de construction dans le pays. Et au total, 19 unités sont à différents stades de mise en œuvre.
Et la Nuclear Power Corporation of India Limited assure que selon les besoins, elle pourrait être en mesure d’ajouter à ce nombre des réacteurs de 220 MWe « d’une technologie éprouvée ». Des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) pourraient aussi venir compléter le tableau « sur la base de l’expérience locale dans la construction de réacteurs de puissance ».
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Mais l’Inde compte également sur quelques partenariats avec l’étranger pour implanter dans son pays des réacteurs nucléaires un peu plus puissants que ceux conçus localement. À l’occasion de la dernière World Nuclear Exhibition, l’Inde a signé un accord de coopération industrielle avec la France. Peut-être le signe d’une prochaine décision concernant le projet de construction de six EPR discuté entre les deux pays depuis 15 ans.
Il y a quelques jours, l’Inde a annoncé un nouvel accord avec la Russie pour la construction de deux réacteurs supplémentaires pour la centrale de Kudankulam. Alors que 4 unités de 1 000 MW y sont encore en cours de construction, 2 unités supplémentaires sont ainsi déjà annoncées. La centrale doit être achevée d’ici 2027.
Les Indiens ont choisi une solution facile à mettre en œuvre. Leurs réacteurs sont dérivés des réacteurs canadiens CANDU fonctionnant à uranium naturel (non-enrichi à 3%-5% comme nous). Ils s’économisent ainsi les couteuses et énergivores usines d’enrichissement. Cette approche comporte des avantages et des inconvénients avantage : pas d’usine d’enrichissement inconvénient : eau lourde (modérateur-caloporteur) coûteuse à obtenir avantage : fonctionnement en continu car recharge horizontale progressive du réacteur en cours de fonctionnement, pas besoin d’arrêt annuel avantage / inconvénient : pression de fonctionnement moins élevée (100 bars) que PWR, (155 bars) donc moins de contrainte sur les matériaux, mais… Lire plus »
C’est sans aucun doute nettement plus efficace contre le réchauffement climatique d’aller installer des EPR en Inde où le charbon tourne à fond pour une grosse population déjà sobre, qu’en France où notre petite population pourrait se contenter de renouvelable du fait de conditions géographiques parfaites. Mais bon, nous n’avons pas un gouvernement passionné par la question environnementale…
Vu la taille et la population de l’Inde c’est pas beaucoup…
50 réacteurs pour 2050 auraient été une bien meilleure nouvelle…
Ils vont consommer énormément de charbon avec ce « petit » programme.
Le programme Messmer a fait bien mieux dans un plus petit pays…
Si on sortait le Traité Euratom et qu’on faisait un plan « Messmer Indien » on pourrait faire bien mieux… Mais les Teutons ne voudront pas… Et le Lobby charbonnier non plus…