Les scénarios selon lesquels l’humanité pourrait s’affranchir des énergies fossiles et du nucléaire sont-ils crédibles ? En réponse aux sceptiques, une équipe internationale de scientifiques et chercheurs vient de publier les résultats d’une étude qui prouve la faisabilité d’un système énergétique basé sur les seules énergies renouvelables.
Lors d’un récent colloque organisé à Namur (Belgique), le professeur Jean-Pascal van Yperzele, climatologue de renommée mondiale et ancien vice-président du GIEC a été très clair[1] : pour atteindre l’objectif fixé par l’accord de Paris (augmentation de la température moyenne du globe en-dessous de 2°C), il faut que les pays industrialisés réduisent à zéro leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) vers 2050.
Or, ne plus émettre de GES équivaut à ne plus consommer d’énergies fossiles ou, en d’autres termes, à ne plus utiliser que des énergies renouvelables[2] et ceci pour tous les usages, transports compris.
Est-ce possible ? Certainement si l’on en croît les nombreuses études scientifiques consacrées à cette question. Notamment la publication en août 2017 d’un travail mené par des chercheurs de l’université Stanford aux USA. Ils ont examiné les ressources renouvelables de 139 pays pour lesquels les données sont disponibles. Leur conclusion publiée dans la revue Joule est rassurante. Les scientifiques de Standford estiment en effet qu’une transition vers 100 % d’énergie renouvelable en 2050 est tout à fait possible dans ces 139 pays qui représentent 99 % des émissions mondiales de CO2. Parmi ceux-ci, on trouve tous les pays de l’Union européenne, mais aussi la Chine, les États-Unis, l’Inde, la Russie ou encore l’Arabie saoudite.
Contestation
Mais, dans un article publié l’année dernière par la revue « Renewable and Sustainable Energy Reviews », Benjamin Heard, de l’université d’Adélaïe (Australie), un grand avocat de l’énergie nucléaire, a semé le doute. Heard et ses collègues contestent la faisabilité des scénarios basés sur 100 % d’énergies renouvelables. Ils estiment notamment que ces systèmes ne pourront pas survivre aux événements météorologiques extrêmes et ils sont sceptiques quant à la capacité de maintenir la stabilité des réseaux avec une production variable d’énergie.
Pas d’obstacle à un avenir énergétique 100 % renouvelable
Aujourd’hui des scientifiques ripostent en répondant dans la même revue, aux arguments soulevés par Heard. Des chercheurs de l’Institut de technologie de Karlsruhe (Allemagne), du Conseil sud-africain de la recherche scientifique, des universités de Lappeenranta (Finlande), Delft (Pays-Bas) et Aalborg (Danemark), ont analysé des centaines d’études consacrées à la question. Ils démontrent qu’il n’y a aucun obstacle sur la voie d’un avenir énergétique 100% renouvelable.
« Bien que plusieurs des questions soulevées dans l’article de Heard soient légitimes, il existe aujourd’hui des solutions techniques à tous les obstacles qu’ils ont évoqués » déclare l’auteur principal de la réponse, le Dr Tom Brown de l’Institut de Karlsruhe. « De plus, ces solutions sont absolument économiquement abordables, surtout compte tenu des coûts actuels des énergies éolienne et solaire », ajoute le professeur Christian Breyer de l’Université de Lappeenranta.
Brown cite aussi la possibilité d’utiliser, dans le pire des cas, de l’hydrogène ou du gaz de synthèse fabriqué avec des énergies renouvelable lorsque, dans un pays, les importations d’électricité en provenance des Etats voisins, l’électricité produite à partir de biomasse, les STEP, les batteries et autres technologies de stockage ne parviennent pas à combler le manque de vent et de soleil durant certaines périodes.
Pour maintenir la stabilité des réseaux une multitude de solutions techniques peuvent être mises en œuvre. Les scientifiques ont ainsi recueilli des exemples des meilleures pratiques utilisées par les opérateurs de réseaux du monde entier, du Danemark à la Tasmanie.
Pour le professeur Brian Vad Mathiesen de l’Université d’Aalborg, « il existe des mythes persistants selon lesquels des systèmes 100% renouvelables ne sont pas possibles ». Et il conclut en ces termes : « Basé sur les résultats des recherches les plus récentes, notre travail démonte ces mythes un par un. L’urgence est de revenir maintenant à la modélisation de scénarios à faibles coûts pour éliminer les combustibles fossiles de notre système énergétique, afin que nous puissions relever les défis climatiques et sanitaires qu’ils posent ».
[1] Sa présentation peut être visionnée sur ce lien
[2] Nous partons du principe que le nucléaire n’est pas une option pour les raisons que nous aurons sans doute l’occasion de développer plus tard.
Pour 100% d’énergie renouvelable, il suffit d’un seul alternateur de voiture de 1kW (coût de production 20 euros chez un sous traitant automobile européen, 10 en Inde ) qui tourne au fil de l’eau (mer et rivières) par habitant de cette terre, soit 150 milliards d’euros maximum, remboursable en 8 jours ( 8 x 24 x 0,1 cent d’euro TTC par alternateur) bien loin des 30 000 milliards d’euros de Nicolas Baverez…
Ce n’est pas l’alternateur qui compte, c’est la source d’énergie, puis ensuite les moyens d’acheminer l’énergie vers les points d’utilisation. Dans la ville ou j’habite, on ne saurait mettre 50000 alternateurs dans la rivière pour alimenter toute la population.
L’objectif sera d’autant plus facile à atteindre que l’on réduit la consommation énergétique par exemple par :
– isolation des bâtiments,
– mise en place de protections solaires évitant le recours à la clim.,
– achat de produits alimentaires locaux,
-achat de produits manufacturés « locaux »,
-adaptation de nos moyens de déplacements (utiliser un véhicule de 1500 kg pour faire 10 km est du pur gaspillage), etc..
Surtout si avec une cellule solaire additionnée de stockage au graphène performant ? https://trustmyscience.com/nouvelle-electrode-a-base-de-graphene-pourrait-augmenter-la-capacite-de-stockage-energie-solaire-de-3000-pourcent/
nous serions curieux de savoir sur quoi cette étude se base pour arriver à ces conclusions si formidables. l’argumentation de l’article et la présentation ne sont malheureusement pas très fournies!
Vous pouvez lire l’étude sur ce lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032118303307?via%3Dihub
Dans cette étude on peut lire (entre autre): « Countries which are close to 100% renewable electricity include Paraguay (99%), Norway (97%), Uruguay (95%), Costa Rica (93%), Brazil (76%) and Canada (62%). Regions within countries which are at or above 100% include Mecklenburg-Vorpommern in Germany, Schleswig-Hostein in Germany, South Island in New Zealand, Orkney in Scotland and Samsø along with many other parts of Denmark. This list mostly contains examples where there is sufficient synchronous generation to stabilise the grid, either from hydroelectricity, geothermal or biomass, or an alternating current connection to a neighbour. There are also purely inverter-based systems on… Lire plus »
Au niveau malhonnêteté intellectuelle, ce n’est pas mal:tous les pays cités ont comme source très largement dominante l’hydroélectricité, grâce à des conditions favorables. Or la question qui se pose pour la stabilisation des réseaux, c’est celle d’une dépendance principale à des sources intermittentes. L’île de Tokelau compte 1500 habitants, et pas d’industrie. Au delà, l’article original parle d’e la faisabilité d’un système dans laquelle les renouvelables se sont substitué aux énergies fossiles dans tous les domaines, ce qui n’est clairement le cas nulle part.